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La peur du loup

La situation

Un enfant dit à son parent “j’ai peur du loup sous mon lit !”

Il peut arriver au parent de répondre “mais il n’y a pas de loup sous ton lit !”

Loup, y es-tu ?

Factuellement, il n’y a pas de loup sous le lit. Considérée rationnellement, la phrase de l’enfant est fausse. L’enfant n’a donc aucune raison d’avoir peur d’un loup qui n’existe pas dans la chambre

Ce qui pousse l’enfant à prononcer cette phrase, c’est autre chose que la peur d’un loup. C’est peut-être la peur d’autre chose, peut-être une autre émotion

Réactions et leurs conséquences

1. Il n’y a pas de loup

mais il n’y a pas de loup sous ton lit !

Cette réaction a plusieurs conséquences

Côté parent, elle peut donner l’impression d’avoir répondu au problème et qu’il n’y a plus rien à faire

Côté enfant, la peur est délégitimée. L’émotion de l’enfant n’est pas entendue et sensé comprendre que son problème est résolu. L’enfant essayait d’ouvrir (maladroitement) ses émotions et s’est vu fermer la porte

2. Reconnaissance simple

Tu as peur de quelque chose, mais ce n’est pas d’un loup

Cette réaction permet de reconnaître l’émotion. Elle permet à l’enfant, par reflet, de comprendre qu’il est en train de ressentir une émotion

3. S’engouffrer dans la porte

Une autre option consiste à accepter la proposition, mais chercher ce qu’il y a derrière

Pourquoi as-tu peur qu’il y ait un loup ?

As-tu peur d’autre chose ?

Cette option permet d’ouvrir la porte à l’autre peur, l’autre émotion, de l’accueillir, peut-être de l’apaiser

Ouverture

Le sujet de cet article n’est que minoritairement à propos d’une relation parent-enfant. Les déclinaisons de cette situation sont légions dans nos interactions avec les autres

Expliquer qu’il n’y a pas de loup ne résoud pas la situation

La deuxième option permet à l’autre personne de comprendre qu’elle a une émotion non-digérée

La troisième option permet d’aider l’autre, peut-être à mieux comprendre son émotion. Elle nécessite d’avoir l’envie et l’énergie de le faire

Remerciements

merci à Stéphane Langlois pour m’avoir inspiré cet article